La diversité contre l’Egalité

Mon article, je le rédige avec comme source d’inspiration : La diversité contre l’égalité- Auteur américain Walter Benn Michaels aux Editions françaises <Raisons d’agir>- traduite en 2009 par un certain Frédéric, rédigé par l’auteur en 2006 à Chicago et édité à New-York.

Introduction : liberté, fraternité… diversité ?

L’éventail des partisans de la diversité apporte déjà, par son étendue, un début de réponse.

On peut en préciser les contours en examinant une question posée par un militant des Indigènes[1] à propos non pas de la diversité, mais de l’égalité : Que signifie concrètement l’affirmation paradoxale d’une égalité entre riches et pauvres, bourgeois et prolétaires, patrons et ouvriers, maîtres et serviteurs, Blancs et non-Blancs, hommes et femmes, hétéros et homos ?[i] Ici, c’est la forme même des mots, voire de l’interrogation entière qui importe, et en particulier le glissement structurel qui s’opère quand on place sur un même plan l’opposition voire l’incompréhension des échanges entre « riches et pauvres », d’une part, et entre « Blancs et non-Blancs » d’autre part. Mais la véritable inégalité entre riches et pauvres ne trouve son origine ni dans le racisme ni dans le sexisme ; elle résulte du capitalisme[2] défendu par le PS et le centrisme en France, sinon la droite dite « républicaine ». C’est ce que l’on appelle dans l’esprit des partisans de la diversité, « le progrès social » ; ironie du sort.

Une « justice sociale » qui, en d’autres termes, accepte les injustices générées par le capitalisme : le raisonnement populaire étant de dire que « le blancs pauvre » l’a forcément voulu, alors que « le français issu de la diversité » est une victime de la société toute entière, société complaisante à telle point qu’elle va chercher les arguments pour justifier une quelconque anormalité à résoudre dans les plus brefs délais… En vérité, la diversité n’est pas un moyen d’instaurer l’égalité ; c’est une méthode de gestion de l’égalité. Ainsi, pour justifier une inégalité réelle que nos intellectuels aiment à mépriser, on va uniquement imposer un nouveau concept d’explication tant absurde qu’infondé : l’origine ethnique de la personne est forcément associée à sa condition. Dans le rapport de la Halde[3], Louis Schweitzer, ancien président encore en 2006, démontra sa « maîtrise » sans pareil du concept d’égalité : Si l’on croit à l’égalité explique- t-il, l’absence de diversité est le signe visible de discriminations ou d’une égalité des chances mal assuré.[ii] En clair, si vous êtes issu de la diversité et si votre origine vous prive des chances de réussite offertes aux autres, il y a un problème et c’est à la société de s’en préoccuper ; si vous êtes un blanc pauvre voire démuni, il n’y en a pas ou alors vous êtes un problème à éliminer du champ de vision de la démocratie. Et après tout, si Nicolas Sarkozy, François Hollande, aujourd’hui Emmanuel Macron, ont été élus respectivement en 2007, 2012 et 2017, ne l’ont-ils pas été en promettant plus de diversité et d’égalité pour les uns, plus d’inégalités pour les autres ? N’ont-ils pas, en quelque sorte, flattés le sionisme ambiant en leur expliquant que le capitalisme se maintiendrait, qu’il n’y avait rien à craindre puisque « riches vous êtes, plus riches encore vous le serez » ? Pour prendre exemple sur Nicolas Sarkozy, une fois élu, ne s’est-il pas empressé d’inaugurer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale ? Comme si l’origine d’une personne devait être traitée par une institution toute entière qu’est l’Etat, un Etat sarkozien dont le représentant est à l’origine de la création du Culte Français des Musulmans- CFM.

Si on choisissait en exemple François Hollande, qui a couru en Angleterre pour rassurer le premier ministre britannique que ses intentions étaient les mêmes que son prédécesseur ; méprisant par ailleurs les blancs pauvres en les nommant des « sans- dents » quand la diversité le met à genoux pour obtenir mieux encore ? Quel va être le prochain défaut d’Emmanuel Macron à l’heure où les gilets jaunes demandent sa démission ? Ce sont ces mêmes personnes salariées de leur état, pas vraiment pauvre donc, qui ont voté pour lui au second tour pour une grande partie d’entre- eux. Nicolas Sarkozy avait même déclaré en 2008 que la diversité était bonne pour tout le monde. Il s’était incliné en annonçant que son combat en faveur de la diversité serait au centre de son mandat.

Quelle différence y-aurait-il eu si ça avait été Ségolène ? Néanmoins, la gauche aussi libérale que son maître et son ennemi avait attaquée fréquemment Sarkozy comme s’il était vraiment une sorte d’épouvantail. Pour une raison à la fois simple et logique : si la gauche néolibérale ne dépeint pas suffisamment la droite libérale comme raciste et xénophobe pour l’associer à Marine Le Pen, rien ne permet de faire le distinguo entre cette gauche et cette droite, à propos de racisme… Favoriser la diversité, qu’est-ce que c’est sinon du racisme ? D’où l’excitation de gens comme Laurent Joffrin quand un Nicolas Sarkozy ou une Marine Le Pen émettent le moindre faux pas dans un débat déjà bien préparé, à propos d’identité ou d’immigration ? Aussi longtemps que Laurent Joffrin pourra assimiler la droite néolibérale à une simple droite républicaine, il pourra prétendre que la gauche néolibérale est vraiment une gauche républicaine, et qu’il en fait partie. Mais hélas la gauche républicaine n’est pas de gauche et Laurent Joffrin non plus. En vérité, il est lui-même beaucoup plus proche de la droite républicaine que ne l’est Marine Le Pen : un partisan du capitalisme, de l’économie de marché et du libre-échange. Le vrai problème en vérité c’est la différence ethnique que je veux traiter ici, et non la différence économique des inégalités qui existe bel et bien.

Dès lors, les Indigènes ont besoin de leur leader autant que les leaders ont besoin de leurs indigènes, et le néolibéralisme indépassable a besoin des deux à la fois pour qu’en France, comme aux Etats-Unis, les riches puissent continuer à s’enrichir et les pauvres à s’appauvrir.

Source du problème

Autant en France qu’aux Etats-Unis la diversité est d’ores et déjà devenue le gauchisme des classes supérieurs et la caste préférée du droitisme populaire. Depuis les années 1920 en effet, l’inégalité réelle, économique, a atteint son plus haut niveau. Cette vision de la nouvelle population mondiale principalement française et américaine, s’est avérée tellement séduisante qu’elle a survécu à l’idée même que nous nous faisions des races. Les années 1920 furent l’âge d’or de la « science raciale » ; de nos jours, fort rare sont les intellectuels et historiens qui font de leur cheval de bataille l’existence des races. Mais souvent, ce sont les mêmes qui nous expliquent qu’ils n’existent pas d’entités biologiques supposés supérieurs chez les homos sapiens, alors qu’ils décrivent cette diversité comme une louange, un signe de l’évolution de l’humanité. Ces nouveaux français du XXIe siècle sont devenus tellement puissants et influents chez nos congénères autochtones qu’ils ont fini par faire croire aux esprits peu éclairés qu’ils étaient tenaces dans les divers usages que nous en faisons, à tel point que nous avons décidé de considérer qu’ils étaient les meilleures, les plus respectueux… même quand ils choisissent la délinquance. Un des mauvais usages de ces français issus de la diversité concerne le racisme. Leur incapacité ou leur refus à considérer ce qui est différent. Toutefois, il existe aussi dorénavant un « bon usage de la race », qui est en quelque sorte l’exact valeur inversée de ce qu’aurait dû être le racisme. Il consiste à embrasser la différence en exaltant ce que nous appelons « la diversité » ; ces français qu’il nous faut adorer à tout pris au détriment de notre prochain, plus proche et identique de nous.

Plutôt que de nous efforcer à traiter son prochain comme un citoyen entier d’égal à égal, nous nous plaisons à présent à identifier ces français comme des « gagnants » dans l’ADN dès leur naissance. De fait, la « race » est devenue le mot à cacher que l’on va camoufler en utilisant des couvertures pour protéger d’autres subterfuges : identités culturelles, religieuses, et mêmes idéologiques[iii].

Le principe général qui est à l’œuvre dans mon article présent, et que je réfute assurément, réside dans la conception nouvelle de la lutte contre la discrimination que notre engouement pour la diversité nous a conduit à reformuler : on ne cherche plus à faire disparaître la différence, on doit au contraire l’apprécier. Notre enthousiasme pour l’identité raciale n’a pas été le moindre du monde ébranlé par le scepticisme des anthropologues et historiens, ni autres intellectuels médiatisés aujourd’hui quant à la réalité de l’existence des races pour le coup, et cela les arrangent bien.

Un monde dans lequel une grande partie d’entre-nous à présent n’a pas assez d’argent pour subvenir à ses besoins les plus vitaux est un monde qui devient problématique : celui de devoir remédier aux inégalités, aux vrais, il n’est pas question donc de voir la différence des origines, pour expliquer la pauvreté ; mais la différence sur des critères strictement socio-économiques.

Les riches sont décidément des gens différents de vous et moi. Et l’une de ces différences résident dans le fait que lorsqu’une partie de la population réussie de mieux en mieux et ce, pour des raisons que l’on peut facilement contestées ; d’autres s’appauvrissent de plus en plus ; que cette évolution ne pose aucun problème à celle de la classe moyenne la plus confortable qui tend à voter toujours pour la droite qu’elle pense « populaire » et cela n’a rien d’étonnant ; que la gauche intellectuelle dite « plurielle » demeure elle aussi imperturbable devant cette situation catastrophique qu’elle nie de toute évidence… Mieux ! elle méprise le chômeur, le sans-domicile… prétextant qu’ils sont imbus d’esprit ou au moins fainéants, refusant de se prendre en main. Ces gens qui sont méprisés par toute la classe populaire salariale, les gilets jaunes et les autres. Indubitablement, la diversité est devenue une sorte de concept sacré tant en France qu’en Europe. Elle ne compte, à proprement parlé, aucun adversaire en vérité : nous avons Marine Le Pen qui accepte ou défend la laïcité, donc la diversité par la même occasion… Nous avons Alain Soral et Dieudonné qui défendent l’idée de l’Islam en lieu et place du christianisme. Caroline Fourest, Mathieu Kassovitch, Cyrille Hanouna, SOS Racisme, Les Indigènes, etc. Google en est le symbole absolu aux Etats Unies à propos du recrutement de leurs futures salariés.

Et si vous cherchez les grandes foules, la fête et l’optimisme, l’enthousiasme festif et le sens de ce qu’ils appellent la « solidarité », c’est soit à la Gay Pride ou bien à la fête de l’humanité que vous pouvez encore les trouver. Pour la plupart d’entre -eux, empêcher la discrimination en se basant sur la couleur de vos cheveux ou de votre peau ou encore à cause de votre sexualité… c’est la remplacer par…la discrimination, une autre celle-ci, qui leur convient. C’est ce qu’ils appellent une affaire de justice sociale, et elle est primordiale. Certains conservateurs culturels tel Éric Zemmour prônent l’assimilation de tous à leur fantasme d’une nouvelle France unifiée tel les années 50 du Général de Gaulle. De leur côté, les soi-disant radicaux de « la gauche universitaire » continuent de lutter pour un véritable multiculturalisme ; l’idée, elle, vraiment radicale, d’une redistribution des richesses authentique, et parfaite, devient quasi impensable ou tout simplement refusé. L’évolution des droits civiques ne doit pas se faire au détriment de l’égalité économique… Tous nous avons besoin de reconnaissance, de richesse et de bonheur dans notre vie, et pourtant nous ne sommes pas tous issus de la diversité.

 

Si votre volonté est de préserver votre identité, certaines choses, comme continuer à parler votre langue natale, seront cruciales à vos yeux ; la résistance des peuples indigènes face à la population indo-européenne doit être interprété, de ce point de vue, comme la lutte qu’ils mènent pour la reconnaissance de leur identité culturelle[iv]. Si, en revanche, votre volonté est de promouvoir le national-socialisme, la langue dans laquelle vous devez en parler c’est la nôtre ; et votre objectif principal, après avoir éradiqué le mondialisme et cette nouvelle civilisation imposante, sera de trouver un nouveau modèle social économique pour remplacer le système néo-libéral accompagné de son attachement à la suprématie du « secteur privé » ; ou le « tout payant ». L’émergence d’une économie globale écrivait le très influent professeur en sciences politiques aux USA Samuel P. Huntington, a donné lieu à une crise d’identité globale[v]. Et, loin d’être en contradiction avec le néolibéralisme ce diagnostic en est foncièrement compatible. Et cependant, beaucoup préfèrent non seulement envisager le problème de la mondialisation comme une menace qui pèserait sur la diversité, mais aussi comprendre nos divergences d’opinions comme des différences identitaires plutôt qu’idéologiques, portant sur ce que nous sommes plutôt que ce à quoi nous croyons. De même que ce qui définit le marxisme, ce sont les idées de Karl Marx issu de la communauté juive donc des idées juives, ce qui définit un Martin Luther King ou un Nelson Mandela ce sont ses idées identitaires, des idées de noires. Selon Huntington, la chute de l’Union soviétique a donné naissance à un monde où l’affrontement idéologique entre socialisme et capitalisme a cédé la place à un conflit entre civilisations. La « cause principale des conflits dans ce monde nouveau ne sera pas idéologique », soutient-il, elle sera avant tout « culturelle ». Dans les conflits idéologiques la question clé étaient « de quel côté êtes-vous ? » et les gens pouvaient choisir leur camp et, le cas échéant, en changer ». Mais bien des gens ont abandonné le socialisme -le vrai- celui de Georges Marchais ou de Pierre Mendès France. Les conflits culturels, soutient Huntington, sont totalement différents : « dans les conflits de civilisations la question n’est plus « quel est votre camp ? » mais « quelle est votre identité/votre communauté ? »  Et votre identité, ce que vous êtes sans l’avoir choisi depuis votre naissance, est visible… Vous ne pouvez pas tricher. « C’est une donnée qui ne peut être modifiée »[vi]. Et quand bien même cette identité se trouverait affaibli par le temps, ce qui se trouverait alors modifié ne serait même pas votre opinion, mais quelque chose de bien plus en plus ambigüe : la peur de l’autre et du lendemain, la peur aussi d’être jugé. Changer d’opinion implique nécessairement que l’on considère son nouveau point de vue comme meilleur que le précédent, somme toute, une nouvelle opinion n’est rien d’autre qu’une opinion qui vous paraît juste au moment où vous l’adoptez, en comparaison de laquelle vous considérez que votre ancienne opinion vous paraisse fausse ; sans quoi vous n’auriez pas changé d’opinion. Mais la manière dont nous appréhendons la culture et l’identité culturelle est toute différente. Nous sommes différents, on ne peut le nier. Et l’on ne peut pas se renier éternellement pour servir l’intérêt d’une autre civilisation, sinon vous détruisez votre corps, votre esprit et votre vrai nature. La vraie alternative est donc la similitude ou bien, la diversité. Si donc la classification des opinions fait appel aux critères appropriés du « juste » et du « faux », et non pas du « mien » et du « tien », les critères pertinents de classification des cultures, des races, ne sont plus ceux du « juste » et du « faux », mais ceux du « semblable » et du « différent ». On peut nous sommer d’apprécier, voire de glorifier la différence, mais personne ne pourra nous contraindre à affectionner l’erreur. Les différences d’inégalités, quel qu’en soit l’analyse ou la raison ne sont pas faites pour être aimés, mais pour être résolus au plus vite. Nous aimons ce que nous sommes, notre identité, non pas parce qu’elle est supérieure ou meilleure qu’une autre, mais surtout parce qu’elle est « meilleure » pour nous, parce qu’elle est la nôtre, et donc irremplaçable. Mais pour camoufler cette complexité de ce qu’est vraiment l’être au fond de lui-même, le système capitaliste nous inculque dans l’esprit que vivre dans un monde composé de gens qui sont différents de nous est bien plus acceptable qu’un monde où l’inégalité réelle de classe, de revenus, est trop visible. Des libéraux qui pensent que nos convictions fondamentales sont profondément fausses. Il n’y a, bien entendu, rien d’étonnant, à ce que les partisans de la mondialisation pensent ainsi.

 

Le respect de la différence est un outil de marketing très efficace. En outre, les consommateurs ne se contentent pas d’attendre ou d’acheter des produits qui les séduisent, ils réclament aussi des produits provenant des cultures d’autres peuples, sans prendre conscience par ailleurs, de la dureté du travail et l’immoralité que ces produits ont impliqués pour apparaître en rayon. Et c’est ainsi que, où vous vous trouvez, Starbucks, Mac Donald ’s, Charale, et autres marques reluisantes seront toujours à vos côtés quel que soit l’endroit où vous vous trouvez pour vous vendre leur produit, fruit de l’exploitation.

 

Il s’agit là tant de cultures que de libéralisme, alors que le vrai problème des inégalités pour les uns repose plus sur l’identité des personnes, leur origine, pour les autres et j’en fait parti, elle repose sur l’inégalité des revenus, des droits civiques ; et pour cause : selon que vous êtes issu de la diversité ou non, vous ne serez pas considéré de la même manière ; le critère est donc racial.

La question raciale

Qu’est-ce qu’une race, sinon le fait qu’un individu quelconque appartienne à une communauté répondant à des caractéristiques ethniques ; et que ce même individu ait un sentiment d’appartenance à cette communauté toute entière, de même qu’il peut faire partie de cette « race » sans même le savoir, sans en être conscient, pis, rejetant par ignorance cette idéologie ?

La race, tant en Amérique du Nord qu’en Europe, a toujours été quelque chose d’interne, un savoir-être, un état d’esprit, en deuxième lieu après la physionomie. Il y eut, bien sûr, dans les siècles précédents, le caractère loyal pour les uns, frustrant pour les autres, de cette catégorisation des peuples plutôt visible et même revendiqué. On tenta même d’ajouter à cette caractéristique des distinctions plus subtiles, considérant que toutes les races blanches ne se valent pas par exemple ; que les allemands étaient supérieurs aux français, que les juifs étaient inférieurs à l’ensemble des européens tous confondus ; Au temps des colonisations il existait même des personnes de couleurs issu du continent africain qui se distinguaient : une catégorie de population rejetait une autre parce que non issue de la même contrée, du même pays, de la même culture. Une catégorie de « noirs » rejetait une autre catégorie « noirs » par exemple, les accusant d’être trop proches du « blancs », les traitant de « mulâtres ». Plus proche de nous, si on devait parler notamment du début du XXe siècle et ce, jusqu’aux années 40, une grande partie de l’Europe de l’Est majoritairement des slaves et des familles juives, des italiens, des espagnols quittaient l’Europe pour rejoindre les Etats Unies : les américains n’avaient pas forcément envie de les accueillir. C’était au lendemain de la première guerre mondiale, la crise de 1929, un antisémitisme fort, un nationalisme très ancré… L’arrivé d’Adolf Hitler comme chancelier en Allemagne, Mussolini en Italie, Franco en Espagne. Des causes justifiant une telle émigration européenne vers le continent américain. Le mulâtre évoqué ci-dessus était autant à la fois méprisé par ses congénères que par les blancs européens, et les américains. Voire la nouvelle population américaine qui se constituera peu à peu après 1945 une fois bien intégrée. Cependant, la catégorie « raciale » de mulâtre disparu du recensement après les années 1920, aux USA, uniquement dans les formulaires et les textes de lois ; ils étaient toujours autant méprisés dans leur vie quotidienne. Au début des années 90 jusqu’au début de ce siècle-notamment les années 2000- ces fameux formulaires de recensement aux USA continuaient à afficher ce champ d’enregistrement de la catégorie « multiraciale » ; on peut déjà imaginer quelle difficulté implique le recensement d’un mulâtre aux USA. Car au sens des textes américains, c’est un peu comme l’informatique : 1 ou 0. Noir ou pas noir. Comment faire ? Autre cas complexe : un homme qui se dit issu du continent asiatique par sa mère, afro-américain ou afro-français par son père, et en plus indien par sa grand-mère et juif par son grand-père. Et supposons qu’il décide immigrer en France, ou aux USA ?

Dans quelle catégorie mettriez-vous un individu dont les origines sont multiples ? Il peut bien sûr être soupçonné d’appartenir plus à une catégorie qu’à une autre, tel un noir qui sera de toute manière aux premiers abords considéré comme noir avant tout, même s’il a des origines allemandes ! Un blond aux yeux bleus dont la grand-mère est née en Guyane, sera considéré avant tout comme un blanc, voire même soupçonné de sympathie avec le fascisme ! Quels critères faut-il définir pour déterminer la dominance raciale d’un individu si ce n’est son savoir-être, son état d’esprit ?

En quoi les individus dont le sang contient la fameuse « goutte » -de plus- sont-ils foncièrement semblables entre eux, ceux qui n’ont pas cette goutte peuvent tout de même se voir appartenir à une communauté plus qu’à une autre, ou se voir repousser par une communauté dont il a le plus de points en commun. De nos jours, on ne parle plus tellement de sang, encore moins de gênes, de code ADN, on parle plus souvent de culture, de mode de vie, de religion… La religion justement est devenu LE critère. Pourtant les indigènes qui ont constitué d’ailleurs leur association en France, bien qu’une grande partie de ses membres se disent chrétiens, ne se gênent pas pour autant à se revendiquer différents du blanc français. Du « petit » bon français comme on aime tant à mépriser celui-là.

Au fond, et en vérité, il s’avère que plus nos connaissances sur l’héritage génétique progressent, plus l’idée de race suscite du rejet simple de l’idée de « race » chez les scientifiques du XXIème siècle.

De nos jours le discours intellectuel dominant et médiatisé considère la race, comme un « mythe ». Pour reprendre les termes d’un américain, Richard Léontine, « En tant que représentation biologique […], la race n’est plus considérée aujourd’hui comme une réalité fondamentale caractérisant l’espèce humaine ». Naturellement, tout est question de point de vue : la « race » ne se détermine pas uniquement sur les aspects biologiques des personnes ; elle repose aussi sur des caractéristiques de sensibilité, de savoir-être… Les nazis durant la Seconde Guerre Mondiale ont exterminé une grande partie de juifs dans les camps de concentration ; et pour la plupart d’entre -eux, c’étaient des blonds. Des blonds d’origine juive. Des communistes et des résistants aussi, à dominance aryenne du point de vue biologique uniquement. Il serait donc préférable que nos scientifiques contemporains continuent à pousser l’analyse plus loin dans l’anthropologie humaine, et surtout de sociologie des civilisations. Car donner un argument aussi simplet pour expliquer que la hiérarchie des races est un mythe ; un argument qui reposerait sur l’évidence suivante : « il est évident que les gens ont des couleurs de peau différentes, des textures de cheveux différentes, et nous avons tous des ancêtres d’origine géographique différente, ou d’origine africaine, à un moment ou à un autre dans l’histoire de l’humanité ». Croyez-vous qu’un être blond pourrait s’inscrire comme membre pour autant chez les « Indigènes de la République » à la Licra, ou auprès de SOS RACISME ? Il y a des années de cela, Jean-Paul Sartre dont une partie de la population française pense qu’il était un antisémite convaincu, dans ses Réflexions sur la question juive, donnait sa version de cette thèse qu’est « la race » en même temps que cette question traitée, en disant que, pour un antisémite, la « juiverie » était analogue au « phlogistique », cette substance que les scientifiques du XVIIIe siècle comparaient à un carburant tel l’essence, et qu’ils croyaient présente dans tous les corps inflammables ; et à laquelle ils attribuaient la propriété qu’ont ces corps de brûler aussi facilement que du plastique. A la fin de ce siècle, Lavoisier démontra que le phlogistique n’existait pas, et Sartre comme Léontine, démontrèrent par leurs écritures philosophiques qu’il n’existait pas de « juiverie ».  Que c’était de la masturbation cérébrale inventée pour mieux pouvoir justifier une « haine » sans motifs valables. Et pourtant…. Sartre rajouta que ce serait une erreur de penser que sous prétexte qu’il n’existe pas de « juiverie » organique qui, à la manière du phlogistique, serait présente en chaque juif, il n’existe pas de juifs. Les juifs sont bien là, et ils sont nombreux. De même qu’envisager la race comme une représentation sociale reviendrait à prendre acte du fait que, quand bien même que nous ne croyons plus à la race en tant que réalité biologique, nous continuons néanmoins à nous conduire comme si les gens appartenaient à des « races ». Les exemples sont nombreux : une partie de la population blanche méprise le blond parce que justement « trop blanc » ; soupçonné de sympathie avec l’antisémitisme, le racisme, l’extrême droite… d’être un peu trop borné ou anti- progressiste. La population maghrébine qui se revendiquent issus de la diversité voulant s’intégrer, mais antisémite quand même… les personnes de couleurs qui se disent victimes… mais qui méprisent une partie des blancs… Considérer la race comme un fait social équivaut à croire que nous avions tort de penser que la race était un fait biologique puis à soutenir que nous devrions continuer à commettre cette erreur, voire même à la renforcer en y ajoutant des critères : les cheveux, les habits, le prénom, le nom de famille etc.

Peut-être devrions-nous cesser de commettre cette erreur. Apparemment personne ne semble y tenir. Le philosophe Kwame Anthony Appia rappelle qu’il fut un temps où l’on croyait que certaines personnes étaient des sorcières, et où on les traitait comme telles ; on disait qu’elles avaient du sang de sorcière dans les veines et on les envoyait au bûcher. En pensant certainement qu’elles étaient aussi des corps inflammables bien que non juives.[vii] Plus tard, nous avons cesser de penser que la gente féminine non croyante était un groupuscule de sorcières, et que dans leurs veines coulaient du sang de sorcière. Ce n’est pas que nos préjugés à propos du sang de sorcière aient disparu, c’est que nous ne croyons plus aux sorcières. Quand nous avons découvert qu’il n’existait pas de « sang de sorcière », nous n’avons pas décidé de faire de ce concept de sorcière un phénomène social par une apparence vraie ou supposée en lieu et place d’une apparence purement biologique. Et lorsque par exemple on préfère John Lennon à James Brown, ou les Beatles à Kool In The Gang, en matière musicale, ou que l’on se revendique plus proche d’un Barack Obama ou un Martin Luther King en lieu et place de John Fingerald Kennedy ou Voltaire, ce n’est pas pour autant par rapprochement culturel ou d’appartenance ethnique, c’est juste une question de sensibilité, de partage d’idées, ou bien tout simplement de goût. Mais bien entendu, une objection vient à l’esprit de quiconque : cette manière d’envisager l’identité tant culturelle qu’ethnique, ne fait que transposer une identité à la vieille pratique du stéréotype telle qu’on l’utilisait auparavant dans le domaine racial. Pour Richard Ford, professeur de droit à Stanford dont les écrits traitent de la question de la race, « n’importe quel observateur un tant soit peu honnête serait d’accord pour reconnaître que, en général, les noirs ont des pratiques culturelles spécifiques qui les distinguent des non-Noirs » ; mais, ajoute-t-il, beaucoup de pratiques culturelles prétendument propres aux Noirs non seulement sont en usage chez certains blancs, mais ne le sont pas chez la plupart des noirs. Et il établit même un parallèle avec la question de l’identité sexuelle. L’idée défendue par Ford, c’est que toute tentative visant à « définir des différences groupales suffisamment formalisées pour permettre l’établissement d’une liste de traits distinctifs » est vouée à l’échec et que, en matière de race aussi bien que de sexualité, le plus sage serait d’y renoncer. Mais alors, si on pousse le bouchon plus loin quitte à frôler le chauvinisme, quel est donc le trait comportemental qui fait que les Noirs sont noirs ? A l’heure actuelle, cette question n’a pas de réponse. Du moins objectivement et scientifiquement. Ou sinon consulter un anthropologue. Un psy me direz-vous ? « Car vous êtes un grand malade » me direz-vous. Lequel devrai-je consulter alors, un noir ou un blanc, et saura- t-il m’écouter et analyser la problématique le plus objectivement possible en mettant de côté ses opinons personnelles ? Difficile cher lecteur n’est-ce pas ? Mais on peut être noir et ne pas aimer le rap, voire même avoir une préférence assumée pour Céline Dion ou Johnny Hallyday. On peut être blanc et aimer Sade ou Tracy Chapman. Réciproquement, il n’y a rien que l’on puisse faire qui soit susceptible de nous rendre noirs à la manière dont le désir homosexuel refoulé défendu par Freund puisse permettre de croire que les hétérosexuels sont des homosexuels frustrés et vice versa. Ce dernier point étant absurdes autant que le premier.

Enfin dernier raisonnement : ce n’est pas parce que votre culture est noire que vous êtes noirs, c’est parce que vous êtes noirs que votre culture l’est aussi, et ce, seulement si vous l’avez choisie. C’est pareil pour les blancs. La culture sinon la religion ne peut pas remplacer notre concept de race conçue comme une réalité biologique. En apprenant à faire du rap, on ne devient pas issue de la diversité ou noir, on devient simplement un artiste qui fait du rap. De la même manière qu’une femme d’origine marocaine née en France qui choisirait d’être chrétienne reste arabe de son état, il n’empêche pas moins qu’elle est arabe née en France, elle n’est pas devenue blanche.  Malheureusement nos intellectuels, les pouvoirs publics et acteurs sociaux ne voient pas les choses de cette façon ; et l’Etat n’assume plus la défense des valeurs éthiques de notre pays ; ce que l’Etat abandonne, aujourd’hui c’est le marché qui s’en charge, l’économie libérale, le capitalisme.

Peut-être faudra-t-il attendre que le nombre de Blancs en situation de souffrance atteigne la masse critique pour que l’on commence à se rendre compte que le problème, ce n’est pas le rejet de la diversité, ce n’est pas non plus le racisme, c’est le néolibéralisme. L’inconvénient de la diversité n’est donc pas seulement qu’elle ne résoudra pas le problème de l’inégalité économique ; c’est qu’elle masque même l’existence de ce problème. Quant à la gauche, elle s’attache à attribuer aux pauvres des identités : elle en fait des Noirs et des arabes en tout cas des jeunes issus de la diversité ; les considère comme des victimes de la discrimination et soutient que, dans un monde sans cette discrimination ou avec une discrimination inversée, il n’y aurait plus d’inégalité. Dès lors, au lieu de débattre sur l’inégalité, nous débattons sur les préjugés et le respect ; or, étant donné la rareté des défenseurs à notre endroit à propos des vrais pauvres, et de l’idolâtrie des détracteurs de l’économie sociale, nous nous retrouvons à ne plus pouvoir débattre du tout ; à ne plus se faire comprendre. A propos de cet inconvénient lourde de conséquences qu’est la diversité : elle occulte tout autant les différences économiques que les différences politiques. Elle rend difficile non seulement de résoudre le problème de l’inégalité, la vraie, mais même d’en débattre le plus sainement possible et avec authenticité, en empêchant tout simplement toute tentative de définir le problème et de réfléchir à sa solution. Tandis que « l’antiracisme » de ces intellectuels qui se disent pour le progrès social voit dans le respect de la différence raciale la solution à nos problèmes ; respect de la différence que ces mêmes personnes défendent mais rejettent paradoxalement l’idée de race ! L’antiracisme de la droite populaire et républicaine nous explique que nous ne pourrons résoudre les inégalités qu’en supprimant ou en ignorant les différences, qu’ils soutiennent quand même par ailleurs !!

Le fossé entre la population active salariale et dirigeante d’une part, comparée à la classe populaire d’autre part, peut bien continuer à se creuser chaque jour, même dans cette période de troubles relative aux mouvements « gilets jaunes », ces élites médiatisées continueront à préférer combattre le « racisme » -qui n’existe pas ou plus- plutôt que l’inégalité.[viii] La seule chose qui distingue les socialistes des républicains sur la question de la lutte contre le racisme, c’est que les premiers pensent que le combat ne fait que commencer alors que les seconds pensent que c’est un phénomène de société basé sur des croyances populaires. La polémique entre ceux qui plaident pour plus de diversité et ceux qui estiment que c’est encourager l’abstentionnisme et le RN est un caractère purement stratégique pour gagner aux élections et entretenir une carrière déjà bien longue. Sans aucune envie d’y remédier, de contester et de revenir aux fondamentaux : l’inégalité.

Au fond, les seules inégalités pour lesquels ces gens sont prêts à changer les choses sont celles qui leur font obstacle.

A-t-on (vraiment) du respect pour les pauvres ?

Notre système est merveilleux pour les uns : c’est ce « supermarché » mondial dont on peut considérer que ceux et celles qui en font partie sont « riches », les classes moyennes. Notre système est désastreux, détestable, devenu incompris pour les autres : c’est l’environnement invisible où se trouvent les précaires, bénéficiaires de minima sociaux et sans domiciles. Rejetés par la première catégorie parce qu’ils sont autant incompris que ce système dont les exclus ne comprennent pas non plus. Si l’on ajoute le problème de la question raciale abordée dans la section précédente, c’est pire… Alors qu’à une certaine époque le racisme s’affichait publiquement sans aucun scrupule, les gens ne l’évoquent plus aujourd’hui que pour s’excuser : c’est même devenu le sujet d’excuse le plus courant dans la vie publique contemporaine. Ce qui « justifie » la « discrimination positive » au détriment des pauvres, c’est qu’elle n’a rien à voir avec la lutte pour les inégalités ; c’est un choix en faveur de la « diversité ». Au contraire, la lutte contre les inégalités c’est permettre à tout un chacun quelque soit sa condition d’accéder à la formation, à l’emploi stable bien rémunéré. Et ce qui rend ridicule cette notion de lutte contre la discrimination sociale est aussi ce qui la rend séduisante pour les uns, détestable pour les autres : « rassurer en présentant le problème de la pauvreté comme comparable à celui de la race, en nous expliquant que, la solution passe par la valorisation de nos différences plutôt que par une lutte concrète des inégalités face aux privilèges socio-économiques ». Si nous devons aimer la diversité, si nous devons soutenir la discrimination que l’on dit « positive », c’est parce que ces deux concepts défendus par leurs pairs sont présentés comme la lutte contre le racisme seule problème à résoudre pour lutter contre les inégalités. Or, défendre ou adopter ce raisonnement pousse forcément à renoncer à nos préjugés. Résoudre le vrai problème, celui de l’inégalité économique demanderait un peu plus de réflexions : peut-être de renoncer à vos pré- requis et à ajuster un peu plus la redistribution des richesses. Cette disposition d’esprit expliquerait pourquoi tant de meetings à propos « d’égalité et diversité » -comme si l’un devait nécessairement aller avec l’autre- ont une telle force d’influence populaire, et pourquoi le racisme continue à prospérer dans notre pays. Identifiées dans leur engagement pour la cause de la diversité, les idées politiques de droite comme de gauche se transforment dès lors en un ensemble de règles de savoir- vivre, de manière de penser, un code de conduite et un langage approprié dont le but n’est plus d’apporter des changements dans la vie économique du citoyen notamment en matière d’égalité des richesses, mais surtout de s’assurer que les français issus de la diversité se sentent bien dans ce système néolibéral… trop libéral pour les autres bien sûr, les français non issu de la diversité.

D’où le problème de la « condescendance » : les bénévoles qui font mine d’accomplir des « actes humanitaires » en méprisant les pauvres blancs, et en admirant les autres… La classe moyenne qui jure au nom de qui de droit que si les précaires ou les sans-domicile sont pauvres, c’est parce qu’ils l’ont voulu. Et ce qui ne va pas avec les institutions, c’est leur manière de faire ressentir la pauvreté aux pauvres. D’où également la solution de rejet : seule solution pour lutter contre la précarisation des sans-emplois, les stigmatiser pour les contraindre « à se bouger ». Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la « rigidité » supposée de la réglementation du contrat à durée indéterminée (CDI) qui explique pourquoi les entreprises préfèrent recourir au contrat à durée déterminée (CDD). Une étude du ministère du Travail montre je dirais que c’est davantage la volonté de « tester » le salarié qui motivent le « boom » des CDD, surtout quand il est au chômage, donc disponible de suite, et il faut bien le dire, sans possibilité de liberté d’un refus dans ces conditions. Et aussi, ajoutons-le, quid des périodes d’essais qui n’ont pas bien marché, difficile ensuite de retrouver un emploi ; ou tout simplement de ne pas être tenté de « baisser les bras ». Chez nous en France, la pauvreté n’est pourtant pas quelque chose à découvrir. Qui n’a pas écrit sur la pauvreté dans l’Histoire de France ?! A commencer par Voltaire, d’une certaine façon : Voltaire a écrit dans son essai sur les mœurs sa pensée profonde : “ un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne ». D’autres écrivains d’esprits moins éclairés sont si désireux d’écrire sur le sujet de « la pauvreté » qu’ils en viennent à inventer des différences pour l’expliquer. Et cela ne veut pas dire pour autant que les différences d’époques à propos des classes marquent une amélioration ! Bien au contraire… On a rendu notre système moins féodal, moins dure en apparence ; mais surtout on a réussi à cacher la misère, à la mépriser plus facilement. Et il n’est pas très difficile de comprendre pourquoi on s’efforce de rendre aujourd’hui une catégorie de population plus visible dans des endroits comme Saint-Denis dans le 93, plutôt qu’à Nanterre ou à Colombes (92). Deux départements bien différents en matière d’infrastructure et de gestion de l’économie, mais la pauvreté, elle, n’est pas plus importante en Seine-Saint-Denis que dans les hauts- de-seine ; Tout est question de choix raciale, et de visibilité. Et de surcroit, à mesure que se creusent les inégalités économiques, il devient de plus en plus crucial pour la classe moyenne de continuer à croire que nos écoles, nos entreprises, nos services publics sont ouverts à tous sans considération de classe. Tant que les grands établissements d’enseignements supérieurs, les écoles prestigieuses de Paris ou de Versailles, restent ouvertes à quiconque est suffisamment intelligent, solvable pour les frais de scolarité et travailleur pour y entrer, il me paraît logique bien sûr, à ce que ceux qui y entrent en récoltent les bénéfices. Que nos institutions publiques ou semi-publiques, tant étatiques qu’associatives et que les entreprises privées soient devenues des machines à produire l’inégalité ne pose aucun problème en soi du moment que cette inégalité soit légitime. Mais cette légitimation ne peut fonctionner que si, les bases de départ sont les mêmes pour tous. L’aspect racial du problème que l’on préfère remplacer par le mot « diversité » n’y trouve aucune place ; on ne doit pas légitimer l’inégalité par des différences ethniques ou d’état civil. Nous avons besoin de croire que les pauvres ne sont exclus de nulle part, ou que le problème vient du pauvre lui-même, parce que nous avons besoin de croire que les avantages économiques que confère le fait d’être bien intégré sont mérités et légitimes. Après, nous avons les entreprises qui tendent à une préférence plutôt vers la diversité que la lutte contre les inégalités, celles notamment où le directeur général trouverait facilité à respecter la culture identitaire de ses salariés plutôt que de leur payer un salaire décent, sans pour autant leur réclamer à être plus « rentable » en contrepartie.

Ainsi métamorphose-t-on les différences de classe en « diversité », un processus également à l’œuvre aux Etats Unies si je me réfère à l’auteur sur lequel je m’appuie pour écrire mon article : Walter Benn Michaels. Je parlerai de lui plus bas dans la dernière section. Avec les gilets jaunes aujourd’hui, on serait tenté de dire que les choses vont changer, les idées conservatrices des élus politiques de tout bord font place à des idées réactionnaires sinon populaires. Formulé autrement, toute la politique et le discours politique contemporains se résument à un débat entre nos réactionnaires et nos conservateurs. Mais il y a un bémol : les réactionnaires font partie de la classe moyenne, c’est celle qui travaille. Nous sommes donc encore loin de la représentation de l’intégralité de la population. Il est même probable que les partis politiques en viennent à faire de la récupération ce qui est déjà le cas : le RN et la FI. D’un côté, les détracteurs de la diversité : ceux qui se disent « le peuple » ; de l’autre, les défenseurs des institutions, les conservateurs. Du côté des « réactionnaires », ceux qui pensent que nos inégalités sont justifiées ; du côté des conservateurs, ceux et celles qui pensent que ces inégalités n’existent pas ou, plus précisément, que les seules inégalités existantes sont celles que génèrent les préjugés et le fait de traiter les gens comme s’ils étaient « moins bien ». « Classisme », voilà le mot clé, le pseudo-problème qui parvient à rassembler la gauche et la droite, les conservateurs et les réactionnaires. Mais en fait, parmi les conservateurs nous avons la gauche et la droite ; et parmi les réactionnaires, nous avons dans une plus large sensibilité, l’extrême droite jusque vers l’extrême gauche. Puis les autres, ceux que l’on dénigre : on est victime du classisme non seulement parce qu’on est pauvre, mais aussi parce que les gens ne sont pas gentils avec nous à cause de notre pauvreté. Là où le « politiquement correct » de gauche nous prescrit de ne pas nous comporter comme si la culture occidentale était différente des autres, le « politiquement correct » de droite nous enjoint de ne pas nous comporter comme des « pauvres », puisque pour tous ces gens, on n’est pas « pauvre ». On est seulement imbu d’esprit, sans autonomie, ou tout simplement fainéant. Mais, naturellement, le problème des pauvres n’est pas de savoir quel comportement il faut adopter.

Le problème, c’est que, sous le rapport de l’argent, la classe moyenne toute entière, ces « réactionnaires » et leurs adversaires conservateurs ont raison de se croire supérieurs aux pauvres.

On ne résoudra pas ce problème en demandant à l’uns de changer son regard sur les autres, ou de changer les comportements. Et si on ajoute la notion de « diversité », on ne saurait considérer comme plausible l’idée que les cultures sont différentes mais égales… car il est impossible de transposer cette conception aux classes populaires, les plus fragiles. Dira-t-on aussi que quand le spectre grimaçant de l’inégalité économique parvient malgré tout à relever la tête, la gauche a fourni à la droite un système performant pour apprendre à l’aimer. A l’inverse, la droite, ligne idéologique dominante depuis 1983, veut nous faire croire que le marché peut s’autoréguler sans intervention de l’Etat, et que les plus fragiles peuvent se l’approprier, en se débrouillant seul, et ce, sans pour autant que cette droite puisse avoir envie de rechercher le juste équilibre qui permettrait de résoudre la lutte des classes. Voici Pourquoi :

Tant que les sondages et les médias ne disent pas le contraire, la droite a de beau jour devant elle. Autrement dit, la gauche et la droite, deux lignes idéologiques en apparence contradictoires mais en fait néolibérales, se retrouvent sur un même point de raisonnement ou de méthode appliquée : ce qui compte, c’est le problème des préjugés, pas celui de la pauvreté.

Presque toujours, on insiste sur le fait que la classe n’a pas d’importance, ou bien on la redéfinit de telle sorte qu’elle se confonde avec la culture identitaire.

Le prix des consciences

On parle de diversité quand on veut dire « mélange » des genres, des origines ethniques, de religion, et certainement pas de statut social ou d’inégalité des revenus ; devant l’économie… Posez- vous la question cher lecteur : Qui sont les victimes de ce manque de diversité ? La droite est devenue une sorte de département des ressources humaines de la soi-disant gauche, avec pour tâche de garantir des privilèges identiques aux femmes et aux hommes de l’up per middle class. Parce que cette question n’implique aucune redistribution des richesses à quelque niveau que ce soit.  Les représentants de « gauche » de l’université du PS l’avaient très bien compris, qui poussèrent vers la sortie toutes ceux et celles qui montraient une indifférence envers les femmes et les « minorités », mais sans exprimer la moindre remise en question à leur endroit de précepteurs cossus d’élèves nantis, sinon tout simplement choisis plus pour leur identité que d’encourager l’égalité des chances. Bien sûr, il n’y a jamais eu un quelconque « Éric Zemmour » à l’université du PS. Le Zemmour que l’on connaît assume sans se cacher sa position de droite, à tel point qu’il a un joli cv à présent ; d’une certaine façon et à sa manière, il commence à envisager que les inégalités économiques puissent poser un problème plus important que les prétendues lacunes de jeunes issus de la diversité.

Par ailleurs, la France n’est pas le pays le plus malheureux en matière de pauvreté ; en effet, en travaillant 40 heures par semaine, un employé non-qualifié en Allemagne habitant à Berlin gagne 400 €uros par mois, soit l’équivalent de ce que touche un français pauvre ne travaillant pas en France. C’est certainement peu et injuste, surtout pour un allemand qui doit travailler pour avoir l’équivalent de ce qu’un français sans indemnité obtient pour survivre. Le seuil de pauvreté a été haussé en France à 1200€ net par mois. Combien sommes-nous en France et en Allemagne à ne pas avoir ne serait-ce que la moitié du seuil de pauvreté, l’un travaillant l’autre non ?! Les femmes gagnent un peu plus peut-être par choix d’avoir des enfants, les hommes un peu moins. Ajoutez à cela le fait qu’une partie de la population aussi pauvre ne font pas la demande de RSA ni de CMU et pourtant ils en auraient le droit et rempliraient les conditions pour les obtenir ; que d’autres encore ne sont pas forcément bien informés des droits aux quels ils peuvent prétendre. En déconnectant la question de la violence de celle -légitime et saine- des classes sociales en mouvement de grèves, nous perdons de vue que le problème est en partie lié avec l’inégalité économique. Et que dans une société qui aurait réduit la pauvreté, la violence diminuerait elle aussi. Résultat : nous faisons d’un problème dans lequel le statut économique des personnes joue un rôle prépondérant, une question fondamentale de relation entre les classes. La violence est tout d’abord un problème de mal-être, tout comme le faible niveau d’instruction et de savoir-vivre relatifs au communautarisme, et encore l’accès aux soins de santé. Les classes moyennes ont des problèmes d’un autre ordre, les riches aussi : ils sont obligés de travailler de nombreuses heures d’affilée ou de travailler dans des conditions les moins appréciables, et de s’adapter aux restructurations et aux réformes des pouvoirs publics pour continuer à maintenir leur emploi, sinon à gravir les degrés de l’échelle sociale, pour s’éloigner de plus en plus de la population la plus pauvre. Plus généralement, la mixité socio-économique n’a de véritable intérêt que si elle contribue à rendre moins pauvres les pauvres qui cohabitent avec les classes moyennes et les riches, c’est-à-dire si elle réduit la diversité économique. En réalité, dans la mesure où la « diversité économique » n’est que l’autre nom que l’on donne à « l’inégalité économique », on voit mal les raisons qui pourraient justifier qu’on cherche à la promouvoir, alors qu’il faudrait la supprimer ou tout au moins, rapprocher ce problème au plus strict minimum, c’est-à-dire rien. Plus un seul pauvre, plus une seule personne isolée socialement. Le problème c’est que cette classe moyenne raisonne de tout le contraire et de fait, on pousse les personnes les plus fragiles à s’excuser pour des actes ou des faits dont elles ne sont pas responsables elle-même, auprès de gens à qui on ne les a pas fait subir, c’est une industrie des pensées en plein essor. Comme si le pauvre était forcément coupable de sa pauvreté, coupable aussi de ne pas être issu de la diversité.

Si les victimes du racisme méritent des excuses et elles ne les ont pas encore obtenues, pourquoi pas celles du capitalisme et nous sommes bien nombreux ? Et, même si l’on pense, comme certains polémistes de droite tel BHL ou Jacques Attali, que les problèmes actuels des indo-européens dérivent de la « pathologie » de leur égo, cause qui génère un racisme inconditionnel souvent inconsciente à l’égard de la « différence », d’où croyons-nous qu’elle provienne sinon du continent mère de notre « terre nourricière » à l’aube de l’humanité : l’Afrique ? A l’ère du Cro-Magnon l’égo entre les tribus existaient déjà. Il ne s’agit donc pas d’un problème des indo-européens mais de l’ensemble de l’humanité. Un certain américain, Randall Robinson, l’un des plus énergiques partisans des réparations et du rétablissement de la justice pour tous, imagine dans son livre que je traduis en français : La Dette le cas d’une petite fille d’origine juive par exemple, qu’il appelle Sarah, dont les résultats scolaires ne cessent de se dégrader. Et pas forcément parce qu’elle est juive, car un antisémite pourrait l’expliquer par un argument reposant sur l’idée de « race inférieur », les juifs.  Ce n’est pas l’exemple présent.

J’aurai pu choisir une petite fille maghrébine ou africaine, qu’importe, l’idée est de faire comprendre l’exemple qui montre bien qu’il ne s’agit pas de « l’égo pathologique du blanc ». En effet, que l’échec de Sarah soit dû à la pauvreté -de son milieu familial- ou à la « pathologie » du blanc soit dit autrement l’indifférence du professeur à l’égard de certaines de des élèves, Sarah, elle, n’y est pour rien. Au fait j’oubliais de préciser une chose : on peut tout aussi bien supposer que Sarah soit blanche, et que personne ne peut deviner ses origines juives sauf si Sarah choisirait de l’indiquer. Il est même probable que Sarah soit dans une classe dont la majorité des élèves soit issue de la diversité, voire même le professeur. Ce n’est pas Sarah qui s’est fait pauvre, et elle n’a pas forcément choisie son apparence ethnique, encore moins ses origines ; quant à sa culture identitaire, elle provient certainement de l’éducation parentale. Education qu’elle transmettra peut-être, à ses enfants plus tard.

La situation de Sarah est l’effet d’une cause, le produit d’une histoire qui a pris fin bien avant sa naissance, mais qui pourtant perdure dans l’inconscient collectif : ce peut être la shoah et l’antisémitisme ambiant que l’on cherche à associer à sa personne ; ce peut être, abstraction faite de son origine juive, dû à ce qui est visible, elle est blanche et supposons qu’elle soit blonde en plus…

Les colonisations ou l’Allemagne Nazi dont on pourrait soupçonner qu’elle en est la descendance ! Surtout si l’on ajoute à la petite fille Sarah une apparence ethnique aryenne en plus de son origine juive. Il s’agit dès lors, d’annuler, autant que possible, les conséquences du passé : le but des réparations est de se rapprocher d’un monde dans lequel ni l’antisémitisme ni le racisme antiblanc ni la ségrégation n’auraient existé. Supposons qu’un extra-terrestre débarque sur la terre et que nous lui exposions notre problème. L’Europe et les Etats Unies sont aujourd’hui majoritairement issues de la diversité. L’extra-terrestre usant de son pouvoir, fait disparaître les effets économiques dû à la frustration et au sentiment de rejet, d’infériorité ainsi que le système Jim Crow voire Donald Trump ou Jean-Marie Le Pen, efface de l’esprit humain le temps des colonisations, l’Allemagne nazi. Désormais, les noirs toujours majoritaires, sont réparties en classes sociales riches et pauvres. Les populations issues du Maghreb nées en Europe et aux USA de la même manière, les populations juives aussi. Nous souhaitons bon retour à E.T. et nous le remercions… de quoi ? La société toute entière -européenne et américaine au moins- a-t-elle-été transformée d’un coup de baguette magique en une société économiquement plus juste ? Non, l’Europe -et il y a fort à parier que les USA aussi- d’après les réparations obtenues est exactement aussi inégalitaire que celle d’avant. Tout ce que E.T. a fait, c’est changer la couleur de peau ou les origines des personnes de beaucoup de pauvres blancs et de quelques riches en personnes de la diversité ; mais il n’a en rien modifié l’équilibre des richesses. En sommes-nous plus avancés ? L’objection la plus évidente est que laisser intactes les inégalités économiques de notre société en se contentant de répartir différemment les origines de ceux qui en souffrent et de ceux qui en bénéficient peut difficilement passer pour un progrès mais, le problème est que l’ensemble de la population actuelle qui luttent pour une justice sociale se propose de la résoudre sans tenir compte de l’inégalité économique. Les descendants de l’injustice ne sont pas seulement les Afro-européens ou américain, la population maghrébine et les juifs. Mais alors, devons-nous oublier les Indiens d’Amérique ? Devons-nous oublier les mineurs du Nord-Pas-de-Calais au chômage à présent et les familles françaises de Province du Limousin ou des Gorges-du-Tarn par exemple ? Et que dire des blancs qui vivent aux périphériques de Paris, de ceux qui habitent dans le 92 au chômage qui vont aux restos du cœur depuis bien longtemps à chaque campagne ? Dès lors qu’on commence à chercher les injustices du passé, tant pour une population que pour un seul individu, la liste ne cesse de s’allonger. Du coup, on peut trouver des injustices même là où l’on n’avait pas l’impression qu’il fallait en chercher ; de même que l’on peut voir des injustices là où on ne veut pas les voir et pourtant elles sont bien là. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que le principe d’égalité est difficile à mesurer : l’injustice subie par des enfants comme Sarah n’a rien à voir avec le fait qu’ils soient des descendants de personnes victimes d’injustices dans le passé, ou descendants de leur bourreau. En fait, tout cela n’a aucun rapport avec le passé. Supposons que je sois l’ami blanc d’une Sarah petite fille africaine d’origine juive et que mes ascendants n’aient pas été déportés, ni esclaves mais propriétaires d’esclaves ; que mon grand-oncle paternel -frère de mon grand-père- ai fait partie des SA ou des SS dans les années 40. Supposons que, dans ce lointain passé des colonisations, au moment de l’abolition de l’esclavage, le projet des jacobins les plus radicaux consistant à répartir les plantations entre les esclaves qui y avaient travaillé ait été mis en œuvre et qu’une partie de mes ascendants soient devenus ruinés pour le coup ; supposons aussi que dans les années 40, mon grand-oncle paternel se soit rallié à la résistance de Jean-Moulin à partir de 1940 au moment de la capitulation française, mais qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, on ai choisi de ne retenir les périodes de collaboration au lieu de leur résistance de Jean-Moulin, en désignant arbitrairement les coupables. A l’âge de 9 ans peut-être même plus tôt, je connais des problèmes scolaires en plus des problèmes familiales. Suis-je fondé à recevoir des réparations et ai-je le droit de me revendiquer français issu de la diversité, en m’associant par amitié avec Sarah ? Objectivement non. Et dans le cas contraire, quelles seraient les réparations ? Que Sarah soit blanche ou noire, du point de vue des exigences historiques et du choix de retenir tel évènement dans l’histoire de l’humanité plus que tel autre par les pouvoirs en place et l’opinion publique, Sarah et moi représentons donc des cas complètement différents. Mais je ne suis pas plus responsable de ma pauvreté que Sarah de la sienne.

Cette justice sociale nous dicte que parce que blanc, je ne mérite pas de compensation. Si Sarah choisi de rompre notre amitié par influence de notre société ou tout simplement parce qu’on lui expliquera qu’elle doit faire le choix de m’abandonner pour se faire mieux accepter ; mieux, obtenir des compensations, elle aura, des compensations, et on lui expliquera que si son ami n’en a pas c’est bien normal. Cela signifie- t-il alors que je mérite mon état, ma pauvreté, responsable de quoi ? De ma naissance ?…  Il y a deux manières d’envisager les responsabilités publiques du fait de l’Histoire à l’égard de Sarah, noire ou blanche, juive, et de ses semblables. L’une consiste à penser que, dans une société juste, nous lui sommes redevables de la propriété qu’elle aurait dû avoir ; et de reconnaître les faits passés lorsque, porté à notre connaissance, nos ascendants ont choisi la collaboration. L’autre affirme que, dans une société autrement juste, nous lui sommes redevables des mêmes chances de réussite que celles dont bénéficient les autres enfants, ni plus ni moins. Le droit tout simplement d’être citoyenne entière. Si c’est en l’égalité des chances que réside notre idée de la justice, alors le parcours historique qui a conduit une personne à naître pauvre, s’il présente un intérêt pour l’égalité des chances afin de le réparer et ça doit l’être, isolé ou avec ses proches et les autres membres de sa famille ; cela n’a rien à voir avec la seule chose qui compte en la matière : le fait que cette personne n’est pas responsable de sa pauvreté. Et notre responsabilité à son égard n’a rien à voir non plus avec son histoire. « L’égalité des chances est un principe exigeant » selon beaucoup d’entre-nous, car « Il est indispensable à la survie de notre système politique que les gens le tiennent pour un système globalement juste ». « Si cette conviction disparaissait, les répercussions politiques pourraient être considérables[ix]. Voilà une manière plus policée de dire ce que l’on pourrait formuler plus brutalement : dès lors que l’on considère que le système politique dans lequel on évolue n’est organisé que pour bénéficier à un certain groupe de personnes, indépendamment de leurs talents, de leur implication et de l’énergie qu’elles déploient, quelle raison aurait-on de vouloir le maintenir ? Pourquoi ne pas le renverser ? Quelles frustrations de savoir qu’à coup d’enquêtes et d’opinions falsifiées, on fait mine en France que tout va bien. Les informations récoltées par les médias à propos du mouvement gilets jaunes sont, du point de vue d’une partie de la population seulement, plutôt rassurantes.

En 1990, plus de la moitié du monde occidental pensait qu’un travailleur courageux avait de « très fortes » ou de « fortes » chances de devenir riche, sinon de rejoindre la classe moyenne la plus aisée.

C’est un raisonnement encore incrusté aujourd’hui dans les esprits et qui soulève deux questions : d’abord, est-ce que « les règles du jeu » sont justes ? Ensuite, est-ce que ceux et celles qui recherchent un emploi depuis plus d’un an -bénéficiaires de minima sociaux donc- pour devenir des travailleurs courageux à leur tour ont le sentiment que, partant du principe que les règles soient considérées comme juste, la majorité d’entre- eux a des chances de réussir ? Des sondages pourraient en découdre, mais elle ne servirait qu’à la bonne pensante : les conservateurs de droite et la gauche plurielle du PS qui sont convaincu de la réalité de l’égalité des chances, et même convaincu que le peuple aussi y croit. De même que l’opinion publique croit encore que les riches, aujourd’hui, méritent pour la plupart d’entre- eux, leur richesse… cela comprend les salariés. D’où l’absence à contrario depuis le XIXe siècle, de tout « ressentiment » de classe. L’explication la plus couramment avancée aujourd’hui consiste à rattacher cet état de fait au phénomène dit de la « guerre des cultures » : les pauvres, soit la classe populaire, classe sociale au plus bas de l’échelle social s’étant laissé convaincre par les conservateurs et la gauche plurielle que « l’identité culturelle est une question d’intérêt général plus importante que l’économie », ils sont de plus en plus nombreux à voter pour des candidats dont ils approuvent les positions sur des sujets comme l’avortement, l’homosexualité ou la prière à l’école, le régime religieux à la cantine, et se retrouvent ainsi à voter contre leurs propres intérêts économiques. Souvent aussi, à voter non plus par conviction mais par défaut afin que l’extrême droite ne soit pas élue ; sinon encore à ne pas voter du tout, pour mieux laisser place à d’autres électeurs de décider à leur place ; ou tout simplement par désespoir d’un changement possible. Désespoir tellement fort que même la représentation populaire, le grand débat national, le référendum d’initiative populaire ou simplement rencontrer sa députée : ils n’y voient plus aucun intérêt. La vraie contradiction, c’est d’être partisan de l’égalité des chances tout en soutenant tout ce qui contribue à créer de l’inégalité dans ce domaine. C’est pourquoi -j’espère- on ne convaincra pas les gens en leur démontrant qu’ils agissent à l’encontre de leurs intérêts économiques s’ils agissaient autrement.

Ce qu’il faut, au fond, c’est montrer à tous qu’ils vont à l’encontre de la justice, la justice sociale, la vraie, celle-là qu’on a oublié et qu’il serait nécessaire de rétablir ou d’en créer une nouvelle.

Source d’inspiration pour l’article présent : à propos de Walter Benn Michaels

L’ouvrage de Walter Benn Michaels a été édité à New-York en 2006, traduit en 2009 par un certain Frédéric Jun. Walter Benn Michaels jusqu’en 2009 au moins, enseignait à l’université de l’Illinois à Chicago. Il n’a jamais connu la pauvreté lui-même, et se contenta peut-être de faire comme tous les auteurs intellectuels qui pensent avoir « raison » et prétendre expliquer la pauvreté. En effet, en tant qu’enseignant il gagnait 175 000 dollars par an, ce qui nous ramène, si on part du principe que le dollar est quasi équivalent à l’€uro à quelques centimes près en plus ou en moins selon le taux de change constamment en variation chaque minute d’une journée ordinaire, à 175 000€ soit près de 14600€ par mois ! A mon avis ses activités professionnelles ne se résumaient pas à l’enseignement, il faisait certainement autre chose. C’est tout de même le comble : un homme riche, issu de la classe sociale américaine la plus aisée qui fait un livre sur « l’égalité contre la diversité ». Bien sûr je partage partiellement son analyse : d’une certaine façon il a vu juste pour les américains -peut-être ! – et je reprends à mon compte quelques-uns de ses arguments en l’adoptant à l’esprit français, à l’Europe au pauvre français comparable au « pauvre américain ». Tout de même : c’est assez paradoxal et atypique que ce monsieur qui parle de « pauvreté » ! Paraît-il que le montant de ses revenus -14 600€- ne suffisait pas : l’une de ses motivations qui l’ont poussé à faire son livre a été d’effectuer un « faire valoir » au service de ses éditeurs, peut-être pour arrondir ses fins de mois ? Certains lecteurs parmi vous seront tentés de voir là une contradiction avec les thèses contre l’inégalité économique développées que j’ai reprise quelque peu dans mon billet.

Plus simplement, disons que la validité d’une thèse ne reflète pas la vertu de celui qui la formule. En effet, un pauvre bénéficiaire du RSA pourrait très bien avoir des qualités d’analyse et de réflexions sur la classe supérieur des plus riches en les comparant à des salariés moins riches mais riches tout de même en parlant aussi d’apparence, de race, et en faire un livre. Par ailleurs, l’auteur n’a pas voulu que son livre serve d’outil pour la démonstration selon laquelle les gens et l’auteur lui-même inclus, devraient être vertueux. Durant l’été pendant lequel la majeure partie de l’ouvrage a été écrite, un SDF vivait dans le passage souterrain sous la voie ferrée qu’aperçoit Michaels depuis la fenêtre de son bureau. Une personne la plus vertueuse aurait sans doute au moins été tentée de descendre lui apporter de quoi manger, elle l’aurait peut-être même invité chez elle, pour prendre une douche et un repas chaud. A aucun moment Michaels n’envisagea une chose pareille. Ce qui occupait principalement sa pensée, c’était le désir que l’homme en question déguerpisse sans délai. A contrario de la thèse de ce livre ; cette thèse qui permettait d’ailleurs à son auteur d’avancer dans l’écriture : la motivation première intellectuelle, se servir de cet homme méprisé pour l’occasion afin de réaliser son livre. En effet, il ne s’agit pas de dire que nous devrions être gentils avec les SDF, mais que personne ne devrait être SDF. Michaels gagne environ 14 600€ par mois : cela le classe parmi les 3% les plus riches de la population américaine ; qui plus est, il se plaint de ne pas avoir assez d’argent ! Bref, Michaels ne fait même pas partie de la classe moyenne que je considère moi-même déjà comme « riche ». Il est bien au-dessus de cette catégorie de population que j’appellerai « les gilets jaunes » quitte à me faire des opposants, bref encore, il appartient à l’up per middle class. Il y a relativement peu de gens qui sont plus riches que lui. Et pourtant, il a beaucoup de mal à le croire lui-même. Il ne se sent pas riche. Moi je veux bien le croire ! Qu’il nous le démontre : trop d’impôts à payer, des créances impayées, des huissiers qui gère son affaire, des biens et des comptes en banque saisies ? Son revenu où ce Frédéric ou un autre, a-t-il été le chercher ? Un avis d’imposition, des anciens relevés de compte déjà dépassé par la réalité ? Et pourquoi ne se sent-il pas riche ?

L’auteur prétend être confronté quotidiennement au spectacle de gens qui sont bien plus riches que lui. Pourquoi cette « désidentification » ? La thèse permet à son auteur de se donner « bonne conscience » en se disant non riche ; elle l’amène à penser que, quand il parle du problème de l’inégalité économique, ce n’est pas lui le problème, ce sont les super-riches. Pour moi il en fait déjà partie m’enfin continuons le raisonnement en faveur de l’auteur : il faut considérer pour sa part, que les super-riches « bien entendu », sont effectivement une partie du problème. Mais, malheureusement, lui aussi. Comparé aux super-riches, il peut se sentir pauvre comme d’autres super-riches d’ailleurs ; mais se sentir pauvre ne vous rend pas pauvre pour autant dans les faits ; c’est juste un état d’esprit.

Puisque c’est là que je veux vous amener aussi cher lecteur de mon billet, se sentir riche ne vous le rend pas forcément réellement non plus. Là encore c’est aussi un état d’esprit : quand un homme qui gagne environ 10 800€ par mois résume sa réussite économique en disant « J’appartiens à la classe moyenne et j’en suis fier[x] » il n’a tout au plus qu’à moitié raison. En partie parce qu’il est « extrêmement riche » ; l’autre partie, celle à l’opposé, parce qu’avec un tel revenu ce n’est plus la classe moyenne s’agissant de la France, c’est tout simplement la classe des « super-riches ». Quand d’autres bien sûr pourrait prétendre le contraire en se disant lésé, trop pauvre comme Michaels. Mais évidemment tout dépend sous quel angle on voit la chose : on peut aussi comprendre cette phrase par son sens contradictoire « il ne se sent pas riche ». Il voit encore des gens plus riches que lui tel un Bill Gates ou le jeune président de la société Facebook, peut-être aussi dans sa vie de tous les jours -son quartier- dans les journaux les plus conservateurs tels Le Figaro ou Le Monde et en particulier, à la télévision. Ainsi, de la même manière que les jeunes issus de la diversité habitant en quartier sensible permettent à quelques jeunes blancs d’avoir bonne conscience en s’identifiant à cette nouvelle génération, les « super-riches » permettent aux classes moyennes de se sentir mieux, que les autres. En réalité, concevoir la classe comme une représentation sociale est encore plus utile que de définir la race comme une représentation sociale : alors que la seconde position vous permet d’ignorer seulement l’existence des différences entre revenus, d’égalité des chances ; la première vous donne la possibilité d’éliminer complètement ces différences, et de surcroit, d’apporter vraiment l’égalité des chances pour tous. Karl Marx décrivait la religion comme l’opium du peuple parce qu’elle promettait au peuple qu’il obtiendrait au paradis ce à quoi il n’avait pas accès ici- bas. Le rêve américain, ce mythe des années 60 qui n’a pas été un rêve pour tous loin s’en faut, a fait croire à qui voulait l’entendre que « nous n’avions même pas à attendre la vie après la mort, puisque c’est ici-bas maintenant que les pauvres peuvent posséder ce qu’ils ne possèdent pas, et que les riches ne possèdent pas vraiment ce qu’ils possèdent ». Une drogue intellectuelle qui permet d’accepter sa condition plus facilement, un peu comme un bovin qui se rend à l’abattoir tout seul. Reprenons : Walter Benn Michaels est considérablement riche, même s’il n’a pas le sentiment de l’être. Du moins si l’on se base sur le montant de son revenu indiqué plus haut. Voilà pour ce qui est de sa classe sociale. Mais qu’en est-il de sa culture ? De son identité ? Car Walter Benn Michaels n’est pas seulement un membre de l’up per middle class, il est aussi un juif. Cela ne veut pas dire non plus qu’il croie en l’existence d’une race juive ou d’une culture juive qui pourraient être définies sans référence à la race ou à la religion. Le problème avec la notion de « race juive », est celle-ci : Selon Hitler, un juif reste un juif. Et notamment d’esprit, non pas d’apparence ethnique. On ne peut guère parler « d’héritage spirituel ou culturel ». Sans aucun doute, beaucoup d’ancêtres de Michaels parlaient le yiddish ; mais cela ne suscite chez lui aucun besoin particulier de parler le yiddish. Certains d’entre -eux semblent avoir été cultivateurs ; pourtant, il ne se surprend pas à contempler avec nostalgie les plaines fertiles qui s’étendent au-delà des faubourgs de Chicago. Il est tout simplement attirer par l’argent et il lui en faut toujours plus. Le juif est un savoir-être, un individu qui hérite de ses ancêtres non pas (seulement) la culture, un métier ou une religion spirituelle ; mais peut-être et surtout l’appât du gain, la manipulation, la dominance de l’aryen. Partout, il va et vient pour fouiner, toucher son nez pour mépriser devant un passant, et quand ils sont nombreux dans un pays, ils instaurent petit-à-petit et progressivement un capitalisme en lieu et place d’un socialisme qui fonctionnait très bien ou aurait pu tout aussi bien fonctionner. Le juif Michaels veut peut- être faire croire comme d’autres de sa classe sociale qu’être pauvre et humble c’est bien, enseignement de Jésus au pied levé qui disait que plus petit sur la terre sera très grand dans les cieux. Mais pourquoi la pauvreté devrait-elle être un motif de fierté ou jouer le rôle d’un certificat d’authenticité ? Le pauvre veut devenir riche comme les autres, le SDF en bas de la fenêtre veut lui aussi, devenir comme Michaels. Et pourquoi les professeurs de littérature devraient-ils penser qu’ils font avancer la cause de la justice en appréciant la poésie des déshérités ? Si votre combat est l’égalité, il est fondé sur l’idée que ceux à qui on dénie l’égalité sont victimes d’une spoliation. Et l’engagement en faveur des pauvres est fondé justement sur la prise de conscience de cette spoliation : les pauvres sont des victimes. Mais dès lors que l’on commencer à exalter la valeur de la littérature ouvrière, à déplorer l’injustice que vous, intellectuels et critiques littéraires, infligez aux pauvres parce que vous n’avez pas su percevoir en eux des compétences tant en littérature que dans d’autres domaines, vous ne faites rien d’autre qu’ignorer l’inégalité, pire encore : vous l’entretenez. En niant que la pauvreté soit un obstacle, on nie tout simplement du même coup le fait et l’importance de l’inégalité des classes. De ce point de vue, Adolf Hitler prétendait en d’autres termes selon moi que le « juif » est un vampire qui vient sucer le sang de l’aryen ouvrier pour lui prendre tous ce qu’il possède, l’influencer pour le pousser à la frustration, et de la frustration à la lutte inutile d’un combat sans fin contre l’ennemi invisible : le capital. L’injustice ce n’est pas que certaines personnes méprisent le choix que vous faites ; l’injustice, c’est de ne pas avoir la possibilité de faire ces choix. Walter Benn Michaels ne mange pas « kacher », Walter Benn Michaels de son état social très confortable a les moyens : il irait plutôt en vacances chez nous, en France, à Cannes ou à Nice, à Paris. Dans les quartiers les plus chics que nous autres n’avons pas même les moyens d’avoir en logement. Il estime que certains ont meilleurs goût que d’autres, et il pense faire partie de la première catégorie ! Ce qu’il voulait démontrer à travers son livre que j’ai adapté et transformé pour l’occasion ici : ce n’est pas que personne ne devrait jamais se sentir supérieur à quiconque, ni même que personne ne soit véritablement supérieur à quiconque. C’est même exactement le contraire : dans les goûts comme dans les classes sociales, il y a du meilleur. Mais considérer que tous les goûts se valent n’est d’aucune conséquence ; considérer les classes sociales comme équivalentes est un moyen efficace d’ignorer une inégalité qui, elle, a de véritables conséquences. Plutôt que de consacrer notre énergie à respecter l’illusion de la différence ethnique sinon culturelle, nous ferions mieux de travailler à réduire la réalité de la différence économique à l’échelle de chacun des individus et d’y reméder. Il y a urgence. C’est là le cœur d’une véritable politique de gauche, la vraie, et non celle défendue par nos élites politiques actuelles, ou la classe moyenne des gilets jaunes qui méprisent les plus fragiles d’entres-nous.

[1] Association loi 1901 : « Les Indigènes de la république ».

[2] L’auteur est américain, dans son livre il mentionne plutôt le terme « libéralisme » : le sens de ce terme n’est pas le même en France, pour les américains le libéralisme est l’équivalent d’un programme politique plutôt gauche pluriel voire centrisme si l’on devait comparer avec les français. C’est en d’autres termes en France le « progressisme » pour les intellectuels de pacotilles français.

[3] La « Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité

[i] Ancien site web. Voir pour le croire si le site existe encore : www.lmsi.net, consulté par l’auteur en octobre 2005

[ii] Si le rapport est encore publié : www.halde.fr/rappor-annuel/2006/

[iii] Voir Simi Linton, Claiming Disability, Knowledge and Identity, New York. New York Université Presse, 1998, page 96.

[iv] Isabella Maria Mandello, « Aymara Indiens de Chili : Usage de l’eau potable parmi les anciennes Cultures ancestrales et à- propos de leurs droits d’accès à l’eau potable à notre époque », conférence sur la recherche agricole internationale de Berlin, en octobre 2004, www.tropentag.de/2004/abstracts/full/33.pdf

[v] Certaines personnes méprisables ne se sont pourtant pas gênées pour tuer Hitler une seconde fois : Le Mythe de la race est le titre d’un ouvrage du biologiste évolutionniste Joseph Graves (New York, Penguin, 2004).

[vi] S. Huntington, « le conflit des civilisations ? » tome issu de la collection le nouveau partage du monde en politique, avec une introduction de Farid Zakaria, New York, Norton, 1997, page 71.

[vii] Kwame Anthony Appia, « Racisme » sous la direction de David Théo Goldberg, collection « Anatomie du racisme », Minneapolis, Université du Minnesota Presse, 1990, Cf. les pages 3-17

[viii] Le rapport entre les personnes les plus aisées est évaluée en disproportion : 50% de la population française active détient 88% du revenu national, les 2% restant pour les plus riches. 10% pour les autres.

[ix] Everett Carl et Karyn H. Bowman, Attitudes à l’égard de l’inégalité économique, Washington, American Enterprise Institute Presse, 1998, Cf. page 79

[x] Anthony de Palma, « 14 ans d’un parcours récompensé », dans la collection Classe Masters Cf. page 119

Publié par jeremie92

Je suis un professionnel disponible, autodidacte et motivé : je mets à disposition mes compétences en freelance, soit en portage salarial à distance en télétravail ou sur place au choix de l’entreprise : Rédacteur web sinon blogueur professionnel pour les entreprises. Je peux aussi me rendre disponible pour des tâches en fonction support tels que la gestion administrative commerciale, l’achat, les moyens généraux, les ressources humaines et même la comptabilité. Mon taux journalier s’élève à 50€. Il est demandé un acompte de 50% pour couvrir les frais. Je n’ai pas de préférence sur les conditions et l’aménagement du temps de travail, mais j’ai une petite préférence pour les branches d’activités : sociologie, médias, radios et audiovisuel. Ce qui ne veut pas dire que je me ferme à d’autres opportunités ; je suis plutôt flexible, ce que je demande en tout bonne foi c’est de la sincérité et de l’authenticité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :