Joseph Ignace de Villeneuve-Martignan_Oncle du Marquis

L’union d’Henriette Victoire de Sade –Tante du Marquis- fut célébrée le 17 mai 1733 dans la chapelle de l’hôtel de Sade à Avignon. Joseph-Ignace de Villeneuve avait vingt ans à peine ; sa jeune femme dix-huit. Trois filles naquirent de leur mariage : Pauline qui épousera d’abord le chevalier de Causants en 1760, puis en seconde noces le marquis de Rousset-Souabe, Julie et Henriette qui entrèrent en religion.

A défaut du titre de marquis que son père avait abandonné, M. de Villeneuve-Martignan s’affubla de celui de comte du Saint-Empire, acquis Dieu sait comment. Il s’intitulait également « grand croix de l’illustre ordre de Saint-Michel de son Altesse Sérénissime Electorale de Cologne », menait un train fastueux, étalait un grand luxe de chevaux et de voitures attachées à ces dits chevaux, possédait un carrosse, une statue grecque « des plus à la mode » et une chaise comme on oserait jamais s’y asseoir… Il passait assez généralement pour un extravagant, et l’on parlait avec ironie de son « génie ». Ces traits, qui ne feront que s’accentuer avec l’âge, s’accompagnaient d’exagération et de folies. Ils lui valurent néanmoins des débuts éclatants. Elu au conseil de ville à vingt-deux ans, premier consul à vingt-cinq et viguier d’Avignon à vingt-six, il occupa la plus haute charge que put exercer un gentilhomme, mais s’aliéna bientôt la bourgeoisie de la ville par son attachement aux prérogatives nobiliaires, son intransigeance sur les questions de préséance et d’étiquette, bien que, dans le privé, il fût « fort bonhomme ».

Dans la griserie de ses premiers succès, Villeneuve entreprit de rebâtir son vieil hôtel de la rue des Masses, et fit appel à Jean-Baptiste Franque, le plus renommé des architectes avignonnais. L’hôtel Villeneuve-Martignan devint l’un des joyaux de la ville. Il abrite aujourd’hui le musée Calvet, et l’on peut voir sur son fronton les doubles armes des Sades et des Villeneuve-Martignan. Cependant, madame de Villeneuve car c’est ainsi qu’elle se nomme étant à présent mariée à celui-ci, sans doute lassée des bizarreries de son époux, demanda la séparation à l’amiable, en 1744.

Vers cette époque, la fortune de M. de Villeneuve connut de sérieux revers. La construction de son hôtel l’avait ruiné, sa mégalomanie avait brisé sa carrière, sa vie devenait morne et solitaire. Il décida de voyager, partit pour Rome, fit un séjour à Florence, puis rentra à Avignon, où il se livra aux voluptés de la chicane, cette autre tarentule de notre homme. Après avoir lassé tout le monde par ses démarches inconsidérées, il se tint quelques temps tranquille, ce qui lui valu de se faire réélire consul en 1764. Mais reprit bientôt par son démon de la vanité, il s’embrouilla mal à propos d’un absurde conflit d’étiquette entre le viguier et le vice-légat, qui faillit lui coûter sa charge de consul. Il mourût l’année suivante, le 23 septembre 1765, à l’âge de cinquante-deux ans. Sa fatuité se manifesta même après sa mort : son corps fut exposé dans le grand salon à l’italienne et le lendemain transporté en grande pompe à Saint-Agricola, et ensuite aux Augustins, où se trouvait le caveau de son aïeul. Les pénitents blancs l’entouraient, et il y eut « huit grands chars » ainsi que onze douzaine d’armoiries. (Joseph Girard, Evocation du vieil Avignon, Paris, Ed. de Minuit, 1958, pages 203 et suivantes).

Quant à Henriette de Villeneuve, elle jouera un rôle non négligeable auprès de Donatien de Sade, surtout dans les dernières années de la vie de ce dernier. Peu attirée par ses filles, Henriette reportera toute son affection sur son neveu, pour lequel elle conserva, en dépit des scandales, une affection réelle.

 

 

Publié par jeremie92

Je suis un professionnel disponible, autodidacte et motivé : je mets à disposition mes compétences en freelance, soit en portage salarial à distance en télétravail ou sur place au choix de l’entreprise : Rédacteur web sinon blogueur professionnel pour les entreprises. Je peux aussi me rendre disponible pour des tâches en fonction support tels que la gestion administrative commerciale, l’achat, les moyens généraux, les ressources humaines et même la comptabilité. Mon taux journalier s’élève à 50€. Il est demandé un acompte de 50% pour couvrir les frais. Je n’ai pas de préférence sur les conditions et l’aménagement du temps de travail, mais j’ai une petite préférence pour les branches d’activités : sociologie, médias, radios et audiovisuel. Ce qui ne veut pas dire que je me ferme à d’autres opportunités ; je suis plutôt flexible, ce que je demande en tout bonne foi c’est de la sincérité et de l’authenticité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :